******* INDIGNEZ-VOUS ******* De Stéphane HESSEL.


Le message de Stéphane Hessel

Paris Match||Mis à jour le

Voici les plus beaux passages d'"Indignez-vous !", l'appel à l'insurrection pacifique du grand Résistant Stéphane Hessel, décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 95 ans. Un texte essentiel qui marquera l'histoire du 21e siècle.

“Il nous appartient de veiller tous ensemble à ce que notre société reste une société dont nous soyons fiers : pas cette société des sans-papiers, des expulsions, des soupçons à l'égard des immigrés, pas cette société où I'on remet en cause les retraites, les acquis de la Sécurité sociale, pas cette société où les médias sont entre les mains des nantis, toutes choses que nous aurions refusé de cautionner si nous avions été les véritables héritiers du Conseil National de la Résistance.” 
Le motif de la résistance, c'est l’indignation, page 11
"On ose nous dire que l'État ne peut plus assurer les coûts de ces mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de I'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que Ia production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où I'Europe était ruinée ? Sinon parce que Ie pouvoir de I'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'État. Les banques désormais privatisées se montrent d'abord soucieuses de leurs dividendes, et des très haut salaires de leurs dirigeants, pas de I'intérêt général. L'écart entre les plus pauvres et les plus riches n'a jamais été aussi important ; et la course à l'argent, la compétition, autant encouragée. Nous leur disons : prenez le relais, indignez-vous ! Les responsables politiques, économiques, intellectuels et I'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie." 
L’indifférence: la pire des attitudes, pages 14 et 16
"Nous n'avons plus affaire à une petite élite dont nous comprenons clairement les agissements. C'est un vaste monde, dont nous sentons bien qu'il est interdépendant. Nous vivons dans une interconnectivité comme jamais encore il n'en a existé. Mais dans ce monde, il y a des choses insupportables. Pour le voir, il faut bien regarder, chercher. Je dis aux jeunes : cherchez un peu, vous allez trouver. La pire des attitudes est I'indifférence, dire je n'y peux rien, je me débrouille".
"Aux jeunes, je dis : regardez autour de vous, vous y trouverez les thèmes qui justifient votre indignation - le traitement faits aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms. Vous trouverez des situations concrètes qui vous amènent à donner cours à une action citoyenne forte. Cherchez et vous trouverez !"

"La violence tourne le dos à l'espoir"

Mon indignation à propos de la Palestine, page 17
"Quant à Gaza, c'est une prison à ciel ouvert pour un million et demi de Palestiniens. Une prison où ils s'organisent pour survivre. Plus encore que les destructions matérielles comme celle de l'hôpital du Croissant rouge par "Plomb durci", c'est le comportement des Gazaouis, leur patriotisme, leur amour de la mer et des plages, leur constante préoccupation du bien-être de leurs enfants, innombrables et rieurs, qui hantent notre mémoire." 
La non-violence, le chemin que nous devons apprendre à suivre, page 20
II faut comprendre que la violence tourne le dos à l'espoir. Il faut lui préférer I'espérance, l'espérance de la non-violence. C'est le chemin que nous devons apprendre à suivre. Aussi bien du côté des oppresseurs que des opprimés, il faut arriver à une négociation pour faire disparaître I'oppression ; c'est ce qui permettra de ne plus avoir de violence terroriste. C'est pourquoi il ne faut pas laisser s'accumuler trop de haine. 
Pour une insurrection pacifique, page 22
"Comment conclure cet appel à s'indigner ? En rappelant encore que, à I'occasion du soixantième anniversaire du Programme du Conseil national de la Résistance, nous disions le 8 mars 2004, nous vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre (1940-1945), que certes, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des Nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte. Non, cette menace n'a pas totalement disparu. Aussi, appelons-nous toujours à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous."
"À ceux et celles qui feront le XXIe siècle, nous disons avec notre affection : "CRÉER, C'EST RÉSISTER. RÉSISTER, C'EST CRÉER." (en majuscule dans le texte)"
Extraits d"Indignez-vous !", Montpellier : Indigène éditions, collection « Ceux qui marchent contre le vent », 2010, 32 p
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Depuis l’annonce de la mort de Stéphane Hessel, ce mercredi matin, les réactions sont nombreuses pour saluer sa mémoire.
 
A gauche, c’est un soutien unanime. Harlem Désir a rendu hommage à Stéphane Hessel, décédé dans la nuit de mardi à mercredi: «C’est l’ensemble de notre pays qui est endeuillé: par ses combats et ses valeurs, Stéphane Hessel incarnait une part de l’âme universaliste de la France», a assuré le Premier secrétaire du Parti socialiste. «La France perd un immense patriote humaniste», a pour sa part écrit Michel Vauzelle, président PS de la région PACA, sur twitter. «Je perds un ami engagé avec qui j’ai mené de nombreux combats», poursuit-il.


«L’indignation ne meurt jamais», note Eva Joly, également sur le site de micro-blogging. Dans un communiqué, le président du Sénat Jean-Pierre Bel a «fait part de sa profonde émotion». «Jean-Pierre Bel souligne le caractère exceptionnel de la personnalité de Stéphane Hessel, dont l’histoire personnelle, la double culture franco-allemande et les choix font une figure marquante du dernier siècle». Le maire de Paris Bertrand Delanoë déplore de son côté «la perte d’un ami proche»: «Le souvenir de son charisme, de son ouverture d’esprit, de sa finesse de jugement et de son amour de la vie me restent en partage d’une amitié toujours sincère et exigeante». «J’apprends avec une grande tristesse la disparition de Stéphane Hessel, déclare François Hollande dans un communiqué. C’était une grande figure dont la vie exceptionnelle aura été consacrée à la défense de la dignité humaine. C’est au nom de ses valeurs qu’il s’engagea dans la résistance.»

"Une voix qui nous manquera terriblement"

«Je veux saluer le combattant des droits de l'Homme, l'un des artisans de la déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948 et le militant de la cause des plus démunis, l'homme infatigable dont la capacité d'indignation n'a jamais été altérée», a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Pour Martine Aubry, ancienne dirigeante du PS, «c'était une voix qui réveille, qui bouscule, qui réchauffe. Une voix qui nous manquera terriblement.»
Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a également diffusé un communiqué de presse: «Engagé avec courage au service de causes justes et généreuses, à travers la diversité des époques qu'il a traversées, il est resté le témoin exigeant des valeurs de la Résistance. Il fut également un grand diplomate, au service de la France et des Nations unies, défenseur ardent des droits de l'homme et de la paix. Citoyen engagé, son regard, sa lucidité, sa générosité, son enthousiasme, sa bienveillance et son amour de la justice nous manqueront. Je m'incline avec gratitude et tristesse devant sa mémoire et j'assure sa famille et tous ses proches de ma profonde solidarité et de ma sympathie».

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Stéphane Hessel s’est éteint

Paris Match||Mis à jour le
L’écrivain et ancien résistant Stéphane Hessel est décédé cette nuit. Il avait 95 ans.

«Non, je n’ai pas peur de mourir. Au contraire, je suis amoureux de la mort.»

En mars 2012, Stéphane Hessel, 94 ans, ne cachait pas sa lassitude de la vie à notre journaliste Valérie Trierweiler. L’écrivain est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge 95 ans. Né à Berlin en 1918, Stéphane Hessel avait été arrêté et déporté à Buchenwald pendant la Seconde guerre mondiale. Devenu diplomate, l’homme était surtout militant. Plusieurs causes lui tenaient à cœur, notamment les droits de l’Homme et les droits des sans-papiers. Ancien résistant devenu écrivain, il avait sorti en 2010 le livre «Indignez-vous», qui s’était vendu à plus de deux millions d’exemplaires rien qu’en France –et deux autres millions à l’étranger. Ce manifeste de 32 pages, vendu au prix de trois euros, avait inspiré de nombreux jeunes et le célèbre mouvement des Indignés, qui a depuis fait le tour du monde, de New York à Madrid.

C’est en 1941, après avoir servi l’armée française, que Stéphane Hessel était entré en résistance. A Paris, il avait été capturé et l’avait raconté dans le documentaire «Les combattants de l’ombre»: «Celui qui m’a rendu le plus, vraiment, furieux, c’est un jeune qui m’a attaché les mains derrière le dos d’une chaise et qui a commencé à me donner des gifles. Et une ou deux gifles, ça va, mais une vingtaine de gifles et frappées assez fort, on se met en colère.» 

"J'ai eu la vie dont je pouvais rêver"  ­

Lorsque Paris Match lui demandait, en mars 2012, quels étaient ses projets, Stéphane Hessel avait répondu: «Mourir, et bientôt, j’espère». «Depuis qu’“Indignez-vous” s’est vendu à 5 millions d’exemplaires et a été traduit en trente-cinq langues, je suis devenu une bête de cirque, alors que j’étais quelqu’un de modeste. J’ai hâte que tout cela ­s’arrête. J’ai encore deux livres en cours. Mais j’ai dit au public ce que j’avais à dire. Ce livre est très banal, mais c’est ce que les gens voulaient entendre : voilà pourquoi il faut s’indigner. J’insiste sur la non-violence, il ne faut pas de révolution, mais une indignation axée sur le courage et la détermination. Notre ­société est devenue trop violente.»
La vie amoureuse de sa mère Helen, entre son père Franz et l’éditeur Henri-Pierre Roché, a inspiré l’histoire de «Jules et Jim», comme il l’avait raconté à Paris Match en mars 2012: «Roché et mon père s’étaient rencontrés en 1910, ils étaient amis. Leur amitié était au-delà de tout. “Romance ­parisienne”, écrit par Franz Hessel, atteste de cette relation hors norme. Et même lorsque ma mère et son compagnon se sont brouillés, mon père est resté en contact avec lui.» «La relation de ma mère, avec Roché, n’avait rien de tragique. Elle ne nous a pas abandonnés, mon frère et moi. Nous étions restés ses chéris. Et puis Franz a toujours connu des jeunes femmes qu’il protégeait. Il vivait à Berlin, loin de son épouse. J’avais peu de relations avec lui», poursuivait-il. C’est Roché qui a écrit le livre qui a mené au film culte.


«J’ai eu la vie dont je pouvais rêver, mais avec ce qu’elle contient de plus pénible: la guerre. J’ai connu beaucoup d’échecs. Je n’ai pas vu ce que j’espérais en matière de diplomatie», expliquait-il l’an dernier.

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